Défilé en mode confinement

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Du 20 au 26 avril, le monde de la mode éthique célèbrera sa 6ème Fashion Revolution Week.
La séance photo ainsi que le Défilé prévu dans le cadre du Festival Fashion Revolution Sierre ce printemps ont tous les deux dû être annulés. tem pimenta a ainsi perdu les deux occasions prévues pour vous dévoiler ses nouvelles pièces.

Déception… Passage à vide… Créativité…

Ce sont les trois étapes par lesquelles je suis passée, que cela soit pour tem pimenta ou pour ma deuxième activité professionnelle. En discutant avec des amis et collègues, j’ai réalisé que nous étions nombreux à avoir traversé ces paliers suite à la re-modélisation de nos contextes de travail (enfin… de « télé-travail »).

Pascale arrange les vêtements pour le défilé

J’avais en tête de faire une petite vidéo pour montrer mes dernières créations, mélangées à d’autres pièces de la ONE collection. J’aimais bien l’idée de proposer une image du vêtement en mouvement, pour permettre au public de le voir porté.

En période de semi-confinement, distance sociale oblige, je ne pouvais compter que sur moi-même pour défiler dans ce petit film. Pas évident à accepter… Je préfère être derrière ma machine à coudre que devant un objectif! Et puis zut, je n’allais pas attendre la fin de l’été pour vous dévoiler mes dernières pièces sous prétexte de timidité! Et en plus, j’ai la chance d’avoir un vidéaste confiné à mes côtés!

Lors de la planification du shooting, nous avons eu l’idée farfelue de superposer plusieurs « moi ». Notre enthousiasme devait être à la hauteur du défi technique que cela imposait. En effet, pour un montage vidéo le plus propre possible, il fallait tourner en peu de temps afin que les ombres ne se soient pas trop décalées.

Je souhaitais un arrière plan naturel et neutre. Nous nous sommes donc rendus au Parc naturel de Finges et avons trouvé un endroit suffisamment proche de la route pour y amener tout le matériel nécessaire.

Nous avons fait un essai vidéo, que Simon, mon compagnon, a monté le soir même afin que nous puissions simplifier et chorégraphier un maximum ce mini défilé.

Les jours suivants, j’ai sélectionné et préparé les tenues et scénarisé le défilé en plusieurs tableaux.

Simon filme le défilé de la ONE collection

A peine 5 jours après notre discussion initiale, nous étions de retour à Finges pour le tournage.

En premier lieu, nous avons installé le plateau à l’aide de petits cailloux qui allaient me servir de repères. Simon a posé deux caméras (on n’est jamais trop prudent) pendant que j’enfilais ma première tenue.

Le temps solaire nous étant compté, une fois prêts, pas de place au doute, ni une, ni deux, nous voilà lancés!

Le tournage s’est donc fait en « one shot » (une seule prise). Pas de répèt’, pas de reprises, pas de doublage de scène… J’avais calculé 30 secondes pour me changer…Hum, en réalité, on était plus proche des deux minutes.

Avant d’entrer en scène, je jetais à chaque fois un oeil sur mon plan afin de mémoriser le déplacement chorégraphié. Une fois lancée, pas de place (ni de temps!) à l’erreur! Vous remarquerez donc la concentration qui se lit sur mon visage, un peu crispé parfois, je vous le concède…

Et entre chaque passage, les promeneurs du jour ont vu sautiller une demoiselle qui se déshabillait en pleine course, évitant les chardons et petits cailloux pointus (pas tous malheureusement).

Dernier tableau, tout est dans la boîte… Suspense jusqu’au lendemain, lorsque Simon a monté un premier jet. Ouf! Ça se tient! Au final, nous sommes plutôt satisfaits du résultat.

Bref, on a fait un défilé en mode confinement…

piment crème

Images: Simon César Forclaz – Musique: CyberSDF – ©tempimenta 2020.


Deutsch

Ich hatte vor, ein kleines Video zu drehen, um meine neusten Kreationen zu präsentieren, zusammen mit anderen Stücken aus der ONE-Kollektion. Mir gefiel die Idee, ein Bild des Kleidungsstückes in Bewegung zu zeigen, damit man sehen kann, wie es getragen wird.

In diesen Zeiten des Lockdowns und der sozialen Distanz konnte ich nur auf mich selber zählen, um diesen kleinen Film zu animieren. Das zu akzeptieren fiel mir schwer. Ich fühle mich besser hinter meiner Nähmaschine als vor einer Kamera! Aber was soll’s, ich wollte nicht bis Ende Sommer warten, um meine neuesten Stücke zu enthüllen, nur weil ich ein bisschen schüchtern bin! Ausserdem habe ich das Glück, einen Videofilmer im freiwilligen Hausarrest an meiner Seite zu haben!

Bei der Planung der Dreharbeiten kamen wir auf die verrückte Idee, mehrere « Ichs » zu überlagern. Unsere Begeisterung musste der technischen Herausforderung gewachsen sein, die sich daraus ergab. Für eine möglichst saubere Videobearbeitung war es in der Tat notwendig, in sehr kurzer Zeit zu drehen, damit sich die Schatten nicht zu stark verschoben.

Ich wollte einen natürlichen, neutralen Hintergrund. Also gingen wir in den Naturpark Pfyn-Finges und fanden einen Platz nahe genug an der Strasse, um die gesamte notwendige Ausrüstung hinzutragen.

Wir machten einen Videotest, den Simon, mein Lebensgefährte, noch am selben Abend schnitt, damit wir diese Miniparade so weit wie möglich vereinfachen und choreographieren konnten.

In den nächsten Tagen wählte und bereitete ich die Outfits vor und schrieb das Szenario. Knapp fünf Tage nach unserer ersten Diskussion starteten wir die Dreharbeiten in Finges.

Zuerst markierten wir das «Drehplateau» mit kleinen Kieselsteinen, die mir als Orientierungspunkte dienen sollten. Simon richtete zwei Kameras ein (man kann nie vorsichtig genug sein), während ich mein erstes Outfit anzog.

Als wir bereit waren, gab es kein Zögern mehr. Die Sonnenuhr lief! Die Dreharbeiten wurden in  » One Shoot » durchgeführt. Keine Proben, keine Wiederholungen, keine Vertonung der Szene… Ich hatte 30 Sekunden kalkuliert, um mich umzuziehen… Bloss waren es in Wirklichkeit eher zwei Minuten.

Vor jedem Auftritt warf ich einen Blick auf meinen Plan, um mir die Choreographie einzuprägen. Sobald die Kamera surrte, gab es weder Raum noch Zeit für Fehler! Sie werden die Konzentration in meinem Gesicht bemerken. Ich mag wohl manchmal ein wenig zu angespannt wirken…

Und zwischen jedem Durchgang sahen die Spaziergänger eine junge Frau wild herumhüpfen, sich dabei entkleiden und gleichzeitig Disteln und kleinen spitzen Steinen ausweichen (leider nicht allen).

Letztes Bild, alles ist in der Kiste… Spannung bis zum nächsten Tag, bis Simon die erste Version zeigt. Uff, nicht schlecht! Letztendlich sind wir mit dem Ergebnis recht zufrieden.

Jedenfalls haben wir eine Modeschau im Lockdown-Modus gemacht…

 

English

I had in mind to make a small video to show my latest creations, together with other pieces from the ONE collection. I liked the idea of proposing an image of the garments in motion, to allow the public to see them being worn.

In times of semi-confinement and social distancing, I could only count on myself to appear in this little film. Not easy to accept… I feel better behind my sewing machine than in front of a camera! But what the heck, I wasn’t going to wait till the end of the summer to reveal my latest pieces just because I’m a bit shy! And what’s more, I have the good fortune to be confined with a videographer by my side!

While planning the shooting, we came up with the crazy idea of superimposing several « I’s ». Our enthusiasm had to match the technical challenge implied. In order to obtain the cleanest possible video editing, it was necessary to shoot in a very short time so that shadows would not shift too much.

I wanted a natural, neutral background. So we went to the Finges Nature Park and found a place close enough to the road to carry over all the necessary equipment.

We made a video test, which Simon, my companion, edited the same evening so that we could simplify and choreograph this mini parade as much as possible.

Over the next few days, I selected and prepared the outfits and wrote the scenario.

Barely five days after our initial discussion, we were back in Finges for the shooting.

First, we marked the set with small pebbles. Simon set up two cameras (you can never be too careful) while I put on my first outfit.

Solar time being counted, once we were ready, there was no room for doubt. So on we went. The shooting was done in « one shot ». No rehearsals, no retakes, no dubbing of the scene… I had calculated 30 seconds to change clothes… Well, in reality, we were closer to two minutes.

Before going “on stage”, I always checked my plan to memorize the choreographed move. Once I started, there was neither room nor time for errors! You’ll notice the concentration on my face, a little tense at times, I have to admit…

And between each scene, the passing hikers saw a young woman hopping around in the underbrush while simultaneously undressing and avoiding thistles and small pointed rocks (not all of them unfortunately).

Last shot, everything is in the box… Suspense until the next day, when Simon shows a first draft. Right! That makes sense! In the end, we’re quite satisfied with the result.

Anyway, we did it, a fashion show in confinement mode…